Passer au contenu principal

Femme en recherche : faire sa place selon Marie-France Marin

Femme en recherche : faire sa place selon Marie-France Marin

Marie-France Marin, chercheure et docteure en neurosciences, s'intéresse principalement à la neurobiologie des mémoires négatives et traumatiques.  

Après un baccalauréat en psychologie à l’Université McGill, une maîtrise en neurosciences à l’Université McGill, un doctorat en neurosciences à l’Université de Montréal, puis, un post doctorat à l’Université de Harvard, madame Marin affiche un parcours professionnel on ne peut plus impressionnant. De plus, une grande partie de son apprentissage s’est faite aux côtés de la professeure et chercheure Sonia Lupien, fondatrice et directrice scientifique du Centre d'études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Du rongeur à l'humain

Pour pouvoir comprendre la manière dont les mémoires sont impliquées dans les comportements, professeure Marin s’est tout d’abord intéressée à la recherche fondamentale sur des rats de laboratoire. Existe-t-il un moyen de moduler ou de changer un souvenir acquis ? Voici la question qu'elle s’est posée lors de ses premières expériences de recherche au cours de son baccalauréat. C’est à ce moment qu’elle a eu la piqûre et que tout a commencé.

Depuis septembre 2016, elle dirige son laboratoire au sein du Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, en plus d’être professeure au Département de psychologie de l’UQAM, depuis septembre 2018.

Par le biais de recherches expérimentales, professeure Marin et son équipe visent à mieux comprendre les facteurs environnementaux et biologiques qui influencent la formation des mémoires liées à la peur et des mémoires liées à la sécurité. En laboratoire, des données sont analysées notamment à l’aide de mesures psychophysiologiques, par exemple, la sudation de la peau, mais aussi par l’imagerie cérébrale, une technique qui permet d’observer le cerveau lorsqu’un individu effectue une tâche.

Son laboratoire s’intéresse également aux niveaux d’hormones de stress et d’hormones sexuelles afin de mieux comprendre leurs impacts sur la mémoire et les émotions. Ces travaux ont pour objectif de reconnaître les mécanismes qui accroissent la vulnérabilité face au développement du trouble de stress post-traumatique et des troubles anxieux.

Carburer aux défis

Le plus grand défi professionnel de la spécialiste est le port de plusieurs chapeaux en même temps, par exemple : superviseure de laboratoire, gestionnaire de projet, professeure, etc. « Bien que cela soit très stimulant, souligne-t-elle, je dois jongler avec plusieurs responsabilités en même temps et apprendre certaines choses sur le tas ! ». Avec un horaire aussi chargé, il arrive qu'elle refuse à contrecœur des projets intéressants, chose qu’elle a encore beaucoup de difficulté à faire.

Déconstruire des stéréotypes

Même si le domaine des neurosciences est majoritairement masculin, on peut sentir un vent de changement, affirme madame Marin. Pour elle, il est rassurant de voir de plus en plus de femmes accéder à des postes universitaires dans le domaine de la recherche, mais aussi de constater qu’elles n’ont plus à choisir entre la carrière et la famille. « Au Québec, nous somme privilégiés pour ce qui est de la conciliation travail-famille dans le domaine de la recherche. De plus, certains congrès offrent même un service de gardiennage aux parents qui ont des enfants ».

Selon professeure Marin, la meilleure manière de faire sa place en tant que femme dans le domaine de la recherche est d’y aller « all in » et cesser d’avoir le syndrome de l’imposteur, qui fait reculer plutôt qu’avancer. Elle croit qu’il faut identifier des modèles de chercheures comme Sonia Lupien et s’en inspirer pour gravir les échelons.