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Centre québécois de référence à l’approche IPT

L'approche Integrated Psychological Treatment (IPT : Programme intégratif de thérapies psychologiques) est une pratique de réadaptation de groupe d’orientation cognitivo-comportementale. Elle vise à améliorer le fonctionnement psychosocial des personnes, ainsi que le développement des habiletés nécessaires à la gestion des stresseurs environnementaux de la vie quotidienne.

Cette approche a été développée en Suisse par Brenner et ses collaborateurs, en 1992, pour les personnes souffrant de schizophrénie. Les fondements théoriques de l'IPT s'insèrent dans une compréhension holistique des troubles psychotiques en se basant, notamment, sur le modèle vulnérabilité-stress. Les fondateurs ont enrichi le concept de « vulnérabilité », en insistant sur le lien d'interdépendance entre les dysfonctions cognitives et sociales. Cette technique intègre les approches classiques de développement des habiletés sociales et les nouvelles approches de gestion des déficits neurocognitifs et des biais cognitifs.

Projets principaux

  • L’aventure québécoise

    L’IPT a été implanté la première fois au Québec en 1996 par une équipe clinique dédiée au traitement des jeunes qui vivent leurs premiers épisodes psychotiques. Cette équipe désirait intégrer, aux approches pharmacologiques traditionnelles, des approches de réadaptation tenant compte des problèmes cognitifs et sociaux des psychotiques. L’équipe de recherche s’est associée à l’équipe clinique à l’origine de l’introduction de l’IPT au Québec pour élaborer et offrir une formation adaptée aux milieux intéressés en plus de suivre le processus de mise en œuvre. À ce jour, l’équipe de recherche a formé plus d’une centaine de professionnels de la réadaptation au Québec à l’approche IPT – version adaptée au Québec.

  • L’évaluation de l’approche IPT au Québec

    Une étude subventionnée par le FRSQ-CQRS-MSSS (Alain Lesage et al.) a permis de suivre l'implantation de l'approche. Plusieurs publications en ont découlé (voir section Publications) :

    • Satisfaction des participants et des intervenants (Briand et al., 2005) Pubmed 
    • Efficacité de l'approche en contexte clinique réel (Briand et al., 2006) Pubmed 
    • Coûts associés (Vasiliadis et al., 2006) Pubmed 
    • Différences de mise en oeuvre et conditions propices à l'implantation (Briand et al., en préparation)

    À ce jour, plus d'une vingtaine de milieux cliniques appliquent l'IPT au Québec.

Équipe

  • Chercheurs

    Catherine Briand, Alain Lesage

Modules de formation IPT

L’IPT est divisé en six modules (version européenne) ou en huit modules (version québécoise) à complexité croissante. Ces modules sont répartis sur une période de 9-12 mois à raison de 2 séances de 90 minutes par semaine. Les groupes sont composés de 8-12 participants, d’un animateur et d’un co-animateur. L’animateur et le co-animateur sont des professionnels de la santé formés à l’approche IPT. Ils sont habituellement ergothérapeutes, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux ou médecins-psychiatres. Ils doivent avoir une expérience importante de la clientèle atteinte de troubles psychotiques et une connaissance approfondie des principes et des approches de la réadaptation psychosociale.

Les modules ont été élaborés de telle sorte que chacun est construit à partir des apprentissages effectués dans le module précédent. Les apprentissages se font de façon graduelle, en commençant par des situations simples et peu exigeantes sur les plans cognitif, social et émotionnel et en amenant progressivement les participants à expérimenter des situations de plus en plus complexes, où la charge émotionnelle, les interactions sociales et la demande cognitive sont de plus en plus importantes. La gradation des activités, allant des exercices abstraits aux situations concrètes de la vie quotidienne, permet aux participants d'acquérir et de renforcer leurs acquis au fur et à mesure et d'aborder des thèmes de plus en plus personnalisés.

Un exemple clinique

Michael est un jeune homme de 23 ans qui présente depuis quelques années des difficultés de fonctionnement. Il y a deux ans, la maladie a contraint Michael à abandonner ses études en sciences biologiques et à retourner chez ses parents. L’instabilité de la psychose, évoluant vers un diagnostic de schizophrénie paranoïde, a nécessité deux hospitalisations et un suivi interdisciplinaire en clinique externe.

À la fin de sa deuxième hospitalisation, et compte tenu des nombreux déficits fonctionnels mesurés en ergothérapie, Michael fut référé à une clinique spécialisée pour les premières psychoses. Ce programme spécialisé, interdisciplinaire (ergothérapeute, infirmière, neuropsychologue, psychiatre et travailleuse social), fournit une évaluation complète et standardisée au plan individuel et familial. Il intègre différentes modalités de traitement (psychothérapie et psychoéducation), selon une approche individuelle et de groupe, dont la version québécoise de l’IPT et le modèle conceptuel de l’occupation humaine (MOHO) (Kielhofner, 2002) se situent au cœur de l’intervention de réadaptation. Au sein de ce programme spécialisé, l’IPT est sous la responsabilité de deux ergothérapeutes. Les évaluations fonctionnelles OPHI-II et ACIS du modèle de l’occupation humaine ont permis de mesurer cliniquement (quantitativement et subjectivement) les effets positifs, des modules IPT, sur le fonctionnement quotidien de Michael. Le tableau 1 présente quelques exemples de ces bénéfices.

En résumé, les données obtenues par les outils d’évaluation OPHI-II et ACIS, en fin de groupe IPT, ont démontré des améliorations cliniquement significatives, autant pour l’identité occupationnelle de Michael que pour sa compétence au quotidien ainsi que pour améliorer le support de son environnement (Kielhofner, 2002). Le bilan positif de ces améliorations s’est avéré un levier favorable au développement d’un nouveau projet de vie post IPT. En effet, Michael a amorcé, de son gré, un projet de retour progressif aux études, sous l’égide du programme « retour au travail » rattaché au réseau communautaire de l’équipe de santé mentale de sa région.