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Deux études publiées grâce à l'utilisation de données provenant de la Banque Signature

Deux études publiées grâce à l'utilisation de données provenant de la Banque Signature

La Banque Signature 

La Banque Signature est l'une des plus vastes banques de données biologiques, psychosociales et cliniques de personnes atteintes de problèmes de santé mentale. Cette banque innovatrice qui contient les informations de plus de 2 000 participants totalise 675 000 données psychosociales et médicales ainsi que plus de 70 000 échantillons biologiques, ce qui a permis à plusieurs chercheurs du Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM) d’effectuer des projets de recherche originaux.

Récemment, deux chercheurs du CR-IUSMM ont publié les résultats de leurs recherches en lien avec les données provenant de la Banque Signature. Les chercheurs Stéphane Potvin et Roger Godbout se sont penchés sur le lien entre le cannabis et la psychose, tandis que la chercheure et psychologue Tania Lecomte s'est intéressée aux profils de comorbidité des patients à l'urgence psychiatrique.

Le cerveau humain produit du "cannabis" et il semble en produire trop dans la psychose

Le cannabis produit ses effets psychologiques par le biais d'un système biologique qui se trouve dans le cerveau, qu'on appelle le système des cannabinoïdes endogènes. Plusieurs études montrent que la consommation de cannabis est un facteur de déclenchement d'épisodes psychotiques chez les individus vulnérables. Ce déclenchement s’expliquerait, entre autres, par le système des cannabinoïdes endogènes qui serait impliqué dans le développement de la schizophrénie.

Une étude dirigée conjointement par Stéphane Potvin, chercheur et titulaire de la Chaire Eli Lilly de recherche en schizophrénie, et le Dr Roger Godbout, psychologue et chercheur, a permis de tester cette hypothèse en utilisant les données de la Banque Signature.

En comparant une centaine de patients avec un diagnostic du spectre de la schizophrénie à un groupe de participants sans trouble de santé mentale connu, les résultats ont démontré une élévation très significative des taux d'anandamide (le principal neurotransmetteur du système endocannabinoïde) chez les patients psychotiques qui se trouvaient à l'urgence psychiatrique.  

L'équipe de recherche a aussi observé une normalisation des taux d'anandamide chez les patients lorsqu'ils ont été réévalués à leur sortie de l'urgence psychiatrique, après la stabilisation de leurs symptômes. Ces résultats sont cohérents avec les résultats d'un nombre grandissant d'études démontrant que le système des cannabinoïdes endogènes est altéré dans la schizophrénie.

Le chercheur Stéphane Potvin affirme que les résultats de cette recherche pourraient ouvrir la voie au développement de nouveaux traitements pharmacologiques de la schizophrénie.

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Les profils de comorbidités chez les patients à l'urgence psychiatrique

Avec son équipe du Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal, la chercheure et psychologue Tania Lecomte s'est penchée sur les profils de comorbidité des patients à l'urgence pour troubles psychotiques.  

En effet, les personnes présentant des symptômes psychotiques qui se rendent à l'urgence présentent souvent des symptômes comorbides, tels que l'abus de substances, la dépression, l'anxiété et l'impulsivité.

Si l'étude avait donc pour objectif principal d'identifier les profils de comorbidité chez ces personnes en recherche de services d'urgence, l'équipe s'est aussi intéressée à la relation entre les symptômes comorbides et les déficits de fonctionnement social.

Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé les données de quelque 540 personnes cherchant une aide psychiatrique pour des symptômes psychotiques, recueillies auparavant dans le cadre du projet Signature. Les participants répondaient à des mesures des symptômes d'abus d'alcool et de substances, de dépression, d'anxiété, de traumatismes infantiles, d'impulsivité et de déficits de fonctionnement social.

Les analyses menées à l'aide de trois méthodes différentes ont révélé un consensus de cinq classes de présentations de comorbidités. 

  • La classe 1 regroupait des personnes qui avaient un score élevé pour les traumatismes de l'enfance, l'anxiété et la dépression.  
  • La classe 2 comprenait des personnes présentant principalement des symptômes psychotiques avec peu de comorbidités dans les autres mesures.  
  • La classe 3 regroupait les personnes ayant les scores d'anxiété et de dépression les plus élevés ainsi qu'une consommation de drogues et une impulsivité élevée.  
  • Les personnes de la classe 4  avaient les scores les plus élevés en matière d'abus d'alcool et de substances, ainsi qu'une impulsivité élevée.  
  • La classe 5 regroupait des personnes ayant des scores d'anxiété et de dépression très faibles, mais des scores moyens de traumatismes, d'alcoolisme et de toxicomanie.

Ces catégories ont révélé une association entre le fonctionnement social et la dépression, l'anxiété et les traumatismes de l'enfance.  

Finalement, les chercheurs en sont arrivés à la conclusion suivante : les présentations comorbides des personnes atteintes de psychose sont fréquentes et diverses. La dépression et l'anxiété, en particulier, aggravent les déficits de fonctionnement social chez les personnes présentant des symptômes psychotiques. Compte tenu de leurs impacts sur le fonctionnement des patients, ces comorbidités doivent être traitées non seulement lors de l'hospitalisation, mais aussi lors des suivis dans la communauté.

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