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Centre intégré universitaire de santé
et de services sociaux de l'Est-de-l'Île-de-Montréal

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Actualités

Cerveau toxicomane : des anomalies neurobiologiques associées à la prise de décision émotionnelle

Stéphane Potvin

Les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie présentent des déficits neurobiologiques reliés à la prise de décision émotionnelle. C’est ce que révèlent les résultats d’une méta-analyse, publiée récemment dans Addiction Biology, et réalisée par Stéphane Potvin, chercheur au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, et son étudiant, Jules R. Dugré, doctorant en sciences biomédicales.

La toxicomanie représente un véritable fardeau psychologique, social et économique pour les personnes qui en sont atteintes. Par ailleurs, la consommation de substances se caractérise par la recherche de plaisir et/ou la réduction d’émotions négatives, malgré les risques qui y sont reliés. Bien que de multiples facteurs de risque psychosociaux soient clairement impliqués dans le développement des troubles d’utilisation de substances, de plus en plus d’études suggèrent que certains facteurs biologiques liés aux systèmes nerveux seraient aussi impliqués.

L’équipe de Stéphane Potvin a tenté d’identifier les marqueurs neurobiologiques responsables de la toxicomanie en faisant une synthèse quantitative de plus de 96 études en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle menée auprès de 5 757 personnes qui présentent des problèmes de consommation de substances psychoactives.

Cette méta-analyse démontre que les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie présenteraient une connectivité entre des régions du système de récompense, le cortex préfrontal ventro-médian et le striatum ventral, significativement plus élevée que chez les sujets qui ne consomment pas. Par ailleurs, cette étude montre chez le groupe ciblé une connectivité anormalement réduite entre le cortex préfrontal ventro-médian et certaines régions impliquées dans le traitement des émotions négatives, notamment l’amygdale. D’importantes différences ont également été notées entre des régions impliquées dans les capacités attentionnelles et la formation d’habitude. Ces résultats vont de pair avec la notion selon laquelle la toxicomanie se caractériserait par une recherche de la récompense immédiate au détriment des conséquences néfastes associées à la consommation à long terme de la substance.